17 octobre 2009
Le Bareisss, Perfektion Made in Deutschland
En cette froide journée d'automne, nous voilà prêts à affronter la pluie sur l'autoroute allemande, la neige – et oui déjà – sur la route des crêtes de la Forêt-Noire pour aller découvrir ce qu'un "trois mac Michelin" signifie en Allemagne. Il est clair qu'outre Rhin, les allemands font généralement et par nature les choses bien mais lorsque c'est annoncé "très bien".... la barre doit être haute !?
Le site internet du Bareiss présente peu la cuisine mais surtout la maison, qui s'avère être un véritable village hôtel de 99 chambres, sept piscines intérieures extérieures, tout pour le wellness, un espace pour les jeunes enfants, un espace jeux billard, bowling... pour les adultes, et quatre restaurants. Le premier dans un décors très cosy, ambiance Forêt-Noire tout en bois propose une cuisine locale. Le deuxième est axé sur la cuisine méditerranéenne. Le troisième, avec plusieurs salles aux ambiances variées, est à l'attention des pensionnaires de l'hôtel. Enfin, le gastronomique est plus cossu, grandes tentures, grandes tables rondes et seulement 30 couverts. Aujourd'hui, samedi midi, nous avons le droit à une petite brigade pour nous tout seul car nous serons les seuls clients de ce service. D'un côté c'est bien, le personnel est au petit soin - mais à mon avis il n'en a pas fait plus qu'à son habitude, d'un autre ça manque un peu d'ambiance.
Afin de gouter au mieux le savoir-faire du chef, Monsieur CP Lumpp, nous prenons le menu dégustation en huit étapes. Si le chef est souabe - réputés pingres - il nous offert une menu plein de générosité. Donc huit plats sans savoir qu'avant de pouvoir aborder la première étape, le chemin est long non en temps mais en amuse- bouches. Voyez plutôt : servi sur un support en argent à quatre étages, un sushi de thon, une déclinaison de canard sur base croustillante et un cœur fondant, une mini quiche à la truffe et une bouchée de homard. Puis arrive une cuillère de mousse de roquette avec une salade de poulpe, très fraichement citronnée. S'en suit, un trio de bœuf en roulade fumé très germanique, en tartare et braisé. Là on se dit qu'on aimerait bien commencer la première étape... que né ni car arrive l'omble chevalier sur lit de riz noir avec une petite sauce à l'estragon, divin alors que celui qui ne mange pas de poisson reçoit un tout aussi somptueux morceau de perdrix sur risotto crémé. Maintenant les choses sérieuses peuvent commencer … Ah j'oubliais, le plateau de pains : au safran, au persil, à la tomate et piment, à l'ancienne, ... encore tout tièdes.
Étape n°1 – Une variation autour du foie gras d'oie, avec son caramel au beurre salé et gelée au Porto. En fait, il est déroutant de voir arriver des cubes. Un grand à deux étages de foie gras en morceaux et en mousse. Un petit avec une mousse plus délicate creusé et rempli de caramel et enfin des tous petits de gelée. Une association aussi inattendue que détonnante... wow !
Étape n°2 – St Jacques braisée avec un petit ragout de câpres et tomates. Là, je dois dire que la force des câpres, aussi bonnes soient elles, couvrent trop la St Jacques qui ne se retrouve, de fait, que dans la texture. Dommage !
Étape n°3 – Turbot de Bretagne à la truffe blanche d'Alba. La truffe est rapée sur l'assiette, son parfum enveloppe les narines, un pure moment d'extase... le turbot qui fond dans la bouche, la truffe qui reste bien persistante et la sauce crémée que l'on finira de saucer. Si je ne devais retenir qu'un plat, ce serait celui-là !
Étape n°4 – Selle de faon poêlée avec son strudel aux marrons. Je crois que rien n'égale la tendreté et la douceur du faon, auquel a été ajouté le croustillant du strudel dont les marrons sont ravivés par quelques graines de carvi. Divin !
Étape n°5 – Pigeon de Bresse rôti. Un morceau de poitrine un peu ferme et légèrement trop salé à mon goût, mais qui était accompagné de l'aile de pigeon confit, bien onctueuse et qui se délite en bouche, avec une petite purée de potiron aux trompettes de la mort. L'association des deux légumes est une vraie réussite.
Étape n°6 – Chariot de fromages servis comme je ne l'avais jamais vu jusqu'ici. J'ai compté pas moins de 56 fromages différents de France bien sûr mais aussi d'Italie et d'Espagne, accompagnés d'un assortiment de dix pains différents, de grappes raisins blancs et rouge, fruits secs, moutarde de figue et gelée de pommes confites. Au cas où vous auriez encore eu faim... Le cérémonial du service ne peut pas laisser indifférent !
Étape n°7 – Biscuit aux amandes, ananas frais et barbe à papa à la vanille. Ce petit dôme, tout léger, tout vaporeux était très ludique à manger.
Étape n°8 – Dôme de Valrhôna aux coings et poire Williams. En fait une mousse au chocolat au lait, servie avec des coings compotés dans une soupe à la poire Williams. Rien de vraiment marqué ni dans les goûts ni dans les textures. Pas vraiment mémorable.
Le clou du service – Sans grande surprise sont arrivés sur la table les mignardises habituelles, tartelettes, cornets, tuiles aux graines de sésame, truffes au chocolat et un chariot... non ce n'est pas le fromage qui revient et je n'en crois pas mes yeux. Il s'agit d'un chariot de confiseries : nougats, guimauves, chaillotines, pâtes de fruits, florentins, brownies aux framboises, soupe de framboises fraiches, macarons chocolat-safran ou citron-framboise. Vous en reprendrez bien un peu !
Un petit mot sur le sommelier, extremement discret comme le reste de la brigade, nous a conseillé un pinot gris de Kaiserslautern de la maison Schätzle. Une belle découverte avec sa robe dorée, son nez riche plus comme un côte du Rhône que comme un Alsace et une belle longueur en bouche. Je n'y ai pas retrouvé la typicité du pinot gris mais c'était très bon.
Il va sans dire que nous atteignons là une perfection culinaire et une prouesse dans l'attention et l'efficacité du service rarement vues ailleurs. Baiersbronn, ville de 16.000 hab, où Michelin comptabilise sept étoiles sur trois établissements à seulement 100 km de Strasbourg... la gastronomie version française pourrait avoir du soucis à se faire.
Le Bareiss à Baiersbronn près de Freudenstadt en Forêt-Noire.
Les prix : le menu dégustation huit étapes à 175€ en cinq étapes 135€. A la carte les entrées sont entre 26 (soupes) et 68€ - les plats poissons ou viandes entre 60 et 72€

trilogie de boeuf foie gras d'oie

pains des fromages biscuit ananas
05 octobre 2009
L'auberge de l'Ill, classique de chez classique
Pour qui est gastronome alsacien, il est une table mythique tant cette maison est ancienne et que la réputation s'est bâtie sur plus de deux générations Haeberlin, il s'agit de l'Auberge de l'Ill à Illhausern. Alors qui dit ‘tradition’ s'attend forcément à une cuisine française, plutôt bourgeoise, classique et sur ce plan nous n'avons pas été déçus.
Dans cette magnifique maison sur les charmants bords de l'Ill, en ce jour de septembre ensoleillé, les géraniums annoncent la couleur. Moquette épaisse pour continuer de feutrer l'ambiance. Je suis un peu surprise par la déco tendance année 70's dans les tons beige et vert qui ne donnent une note ni de classicisme ni de modernité. Serions-nous entre deux mondes ? Nous sommes accueillis par une jeune femme au costume marron en parfaite harmonie avec le décor mais… complètement taché, ooops !
La carte, à première vue, est comme je m'y attendais sans fioriture dans les énoncés et donne la part belle aux poissons. Enfin, je tiens en main la relique des reliques dont j'ai le plus rêvé : la carte des vins. Il est vrai que dans les ventes aux enchères de vins sur Strasbourg et environs nous retrouvons souvent Serge Dubs et ses commentaires. En tant que meilleur sommelier du monde, il a une réputation à tenir et la carte pléthorique, de près de trois kilos, aux noms et aux années prestigieux est un régal pour les yeux. Attention tout de même la tentation est forte !
Nous nous lançons dans le menu dégustation non sans avoir prévenu que l'un d'entre-nous ne mangeait pas de poisson. Arrivent les premiers amuse-bouche : le consommé de potiron à la noix de coco et sa gambas en tempura ou la bouchée de saumon à la mousse d'aneth, pour tous... enfin, il pourra toujours se rabattre sur les gougères ou les tuiles de parmesan.
Le premier plat est énoncé : foie gras d'oie. C'est bref. Arrive la terrine dans laquelle le serveur forme deux magnifiques quenelles posées sur l'assiette avec une gelée. Rien à redire le foie est succulent, goûteux, bien épicé. Par contre la gelée est immangeable. Si déjà elle n'est pas annoncée autant s'abstenir.
Cocktail de tourteaux sur tartare de tomates multicolores et mayonnaise virtuelle. Pourquoi virtuelle puisqu'elle est bien là ? C'est servi avec un petit biscuit croustillant trop salé qui casse la légèreté et l'équilibre du tourteau et de la mousse de tomates.
Homard sur lit de haricots tarbais et son émulsion d'herbes thaï. Tout simplement divin. Légèreté, onctuosité, textures en bouche. Mais d'où vient donc le homard ? Les paris sont lancés … va-t-on gagner la Côte Rôtie mise en jeux ? - Tout simplement de Cancale... à ta santé Gildas !
Saumon soufflé de l’Auberge de l’Ill. On comprend à l’appellation que l’on touche aux fondamentaux de la maison : Généreuse quenelle sur une compotée de tomates et une mousse crémée. Un sans faute, cuisson, légèreté, onctuosité, équilibre des saveurs, ici aussi la magie opère.
Pigeonneau farci au chou et à la truffe avec ses petits légumes et girolles. C'est moelleux. Je me régale, la force du pigeonneau est en parfaite harmonie avec la truffe.
Filet d’Agneau en habit vert. L’agneau bardé d’épinard est très joliment présenté. La cuisson donne toute sa saveur et son moelleux à la viande. C’est accompagné d’une purée de pommes de terre à l’huile d’olive et au thym. Classiquement très bien.
Plateau de fromage sur lequel nous reconnaissons les spécialités de chez Tourette mais comme nous sommes à mi-chemin et déjà dans le Haut-Rhin, maître Antoni y a aussi sa place.
Pastilla au chocolat avec sa glace à la vanille de Tahiti et de la mangue caramélisée. Même si le chocolat est au lait, le coulant exprime un certain caractère. La mangue est pour sa part sans goût, dommage.
Feuilleté de quetsches à la vanille de Tahiti. Sympathique.
Assortiments de sorbets : fraise, pomme, pamplemousse, melon. La fraise laisse un goût de lait-fraise de l'enfance, pas certaine que ce soit du sorbet …
L'été indien nous permet de prendre le café en terrasse à regarder les canards et le pêcheur dans sa barque. Un havre de paix encore adoucit par le plateau de chocolats bien mérité. Il faut dire qu'en voulant migrer sur la terrasse, le service nous avait oubliés. Tant mieux pour nous, car pour se rattraper Mme Haeberlin nous offre une boite de chocolats qui agrémentera la partie de trivial poursuite du soir. Ne boudons notre plaisir derrière des prétextes fallacieux de régime !
Globalement c'était superbe mais pas forcément mémorable. Et, certains petits détails tant dans le service que dans l'expression des plats me laissent à penser que nous ne sommes pas dans un « trois mac » où la perfection est attendue indéfectiblement, à chaque seconde.
Auberge de l’Ill à Illhausern – menu dégustation choisi 117 €
01 octobre 2009
Le Vieux Couvent, calme et volupté
Sur les bords de l'Ill à Rhinau à une quinzaine de kilomètres au sud de Strasbourg se niche une autre belle maison. Grande salle très classique, très lumineuse avec parfois des expositions de tableaux tendance kitch ou plus gentillement qui ne sont de loin pas à mon goût. Des tables bien espacées pour conserver l'intimité de la conversation, détail important car si, comme nous, vous choisissez le menu italien, vous en avez pour quelques heures que la conversation va devoir meubler. Mais c'est aussi ça l'esprit slow; partager sa table avec des personnes en harmonie avec vos centres d'intérêts pour que papilles riment avec esprit.
Revenons à notre menu, non sans rappeler que Madame Albrecht a des origines italiennes, qu'elle connaît les produits et les fournisseurs de produits de haut vol !
En amuse-boucheamuse-bouche : fleur de courgette frite farcie de parmesan et d'anchois avec dans un verre une glace d'oignon et coulis de tomate. La douceur de l'oignon et le sucré de la tomate font de cette originalité une véritable friandise.
Les anti-pasti se succèdent : assiette de charcuteries où l'on retrouve des chiffonnades du jambon de Parme, de coppa, de culatello, de salame cotto et de mortadella di fegato, puis, un carpaccio avec une émulsion de citron et mayonnaise au curcuma, puis, un vitello tonato décoré de fleurs de graines germées, le tout avec des petits légumes marinés... on pourrait presque s'en tenir là !
Entrée : trilogie de pâtes fraîches, risotto aux haricots borlotto et gnocchi de pommes de terre. Tout individuellement très bon, mais pas très harmonieux dans une même assiette, ême si le risotto était crémeux à souhait.
Plat : dos de bar sauvage roti sur lit d'artichauts, olive et basilic. La simplicité de la perfection ou la perfection de la simplicité !
Farandole de desserts qui n'en finissait pas .... une neige citronnées à l'aspérule, ça commence très fort ! puis, un crumble à la coriandre et pêche de vigne avec sa crème à l'Astispumante, puis, une panacotta aux fruits rouges et amaretto, alliance de la douceur, de l'acidité et de l'amertume, parfait, puis, un melon rafraîchi à la verveine et à l'hibiscus, très frais, puis, de la glace à la pêche avec son petit jésus pour finir sur une culotte de velours. ouff.
Menu italien certes, mais toujours avec la touche spéciale de Monsieur Albrecht : les fleurs et les herbes.
Ce menu découverte italien était à 56 euros pour trois de bonheur ... ça mérite bien de la déguster, non ?!
29 juillet 2009
Jeannette et les cycleux, un esprit bar ou un bar avec de l'esprit !?
Pour revenir sur mon post sur la rue des Tonneliers, je rajouterai un endroit fort sympathique en ces temps de terrasse. Outre le fait que cela soit un bar plutôt sympa avec régulièrement des petits concerts, Jeannette et les Cycleux propose actuellement des salades pour amateur de bols de verdure. Car te est le cas, servie dans de grand saladier les salades composées sont généreuses. Les sandwichs joliment présentés dans leurs coupelles. Pas de grande carte de dessert : fondant au chocolat "maison" décliné en association avec différents fruits.
Une adresse idéale pour un encas. Sans oublier de terminer sur "Jeannette à Marrakech", une infusion de menthe fraiche sucrée comme là-bas !
Jeannette et les cycleux - rue des tonneliers - Strasbourg - salade composée 9€ - dessert 4,5€ - sandwich 4/6€
26 juillet 2009
Côté lac, un instant de paix !
Attention, la notion paix n'est en rien liée à la quiétude du lieu particulièrement bruyant dans cet intérieur "cathédrale" mais bien par l'harmonie et la douceur qui règnent dans les assiettes. Si vous avez plus de chance que nous, en cet été pluvieux, vous aurez droit à la magnifique terrasse face au petit lac et son jet d'eau et là à un peu de calme.
A Côté Lac, Nous avons pris la formule trois plats largement suffisante avec ses amuse-bouches pour attiser mon appétit, féroce en ce moment.
Les entrées : - carpaccio de Saint Jacques à huile de wasabi et yuzu avec un espuma au riz basmati. Fanatique de l'acidulé du yuzu et de la vivacité du wasabi, j'ai été comblée. Un puriste de la St Jacques n'y retrouverait pas son compte car outre la texture, le goût en est de fait bien masqué. J'ai aimé également la mousse de riz car on retrouve l'onctuosité et le côté "tapissant la bouche" du riz sans en avoir la consistance ; - Marbré de foie gras et patates douces (un ensemble assez fade), une salade de melon et tomates avec un espuma passion. Dommage pour la mousse qui prenait une consistance de "mayo". L'association de tous ces goûts était certes très originale mais un peu "too much" ! - Sashimi de saumon sauvage, gingembre, sésame, wasabi et coriandre présentée en coulis très puissant. On regrettera que le gingembre, sesame et wasabi se soient confondus pour ne donner qu'un zeste de fraicheur au saumon.
Les plats : - Filet de boeuf "Simmenthal" (la race que l'on voit paitre dans les pâturages Haut-marnais !) et foie de canard poêlé, avec son spray d'huile de truffe et purée de pommes de terre et queue de boeuf braisée au Pinot Noir servis dans une verrine à part. Là, rien à redire. Une viande tendre et parfaite, une sauce très rôtie, une purée onctueuse et gouteuse comme on l'aime avec des morceaux de queue au milieu bienvenus. L'association bœuf et foie gras qui fonctionne à tous les coups ! - Pour fan de poissons : *papillote de cabillaud au safran sur un lit de brunoise de céleri, *thon (rouge, pas bien !) à la plancha planté d'une tige de citronnelle servi avec un tube de jus de yuzu, très vif, *rémoulade de crabe sauvage servi dans un poivron rouge, très onctueux, *tempura de gambas qui faisait plus beignet que tempura mais bien quand même.
Les desserts : - "Bombe Dominicaine"… mousseux chocolat Taïnori, cœur pétillant de praliné, un sorbet orange sanguine au piment d’Espelette, un chocolat bien fort et une glace servie à juste température, une agréable association ; - Soufflé chaud au chocolat noir Valrhona, un sorbet fraise et un espuma "coco-Rhum", là encore une belle association ; - "Plaisir noir, ou comment un café séduit avec ses douceurs", on pouvait s'attendre à une déclinaison de café, que néni ! Il s'agit d'un café accompagné d'une génoise au chocolat (un peu sèche), d'un espuma de fraise et dd'une glace au whisky, doux et aérien. Dans les petits amuse-bouches on trouve un assortiment de guimauve (fraise-menthe-banane), régressif à souhait ; des petites madeleines auxquelles je n'ai pas gouté ; une pipette vodka-fraise sympa.
Le tout était magnifiquement présenté. Le show fait avec les siphons d'espuma et autres sprays à tous les plats s'inscrit un peu comme la signature de la maison qui est un des meilleurs rapports qualité/prix/originalité du moment sur la place de Strasbourg.
Côté Lac - zone Europe - Schiltigheim - Menu dégustation 5 plats pour 55 euros - menu 3 plats 35 euros
12 juillet 2009
Quand les copines partent en goguette …
Voilà notre "Club des F" reparti pour une parenthèse, cette fois-ci plus cocooning puisque nous avons pris le forfait copines de la Source des Sens à Morsbronn-les-bains. Une formule qui porte bien son nom. Au programme : bons plats gentiment arrosés, babillages et papouilles.
Je vous reporte à mon papier de MArs2008 pour la description des lieux, qui n'a en rien changé sauf que là il faisait un peu plus chaud pour s'amuser avec le parcours sens sensoriel à l'extérieur !
Pierre Weller ne s'est pas trop forcé, tant son talent est naturel, pour nous satisfaire toutes et ce n'est guère chose facile… l'offre comprend un menu "light" et rapide, tout a fait de circonstance à la veille des vacances - et pour celle qui a déjà perdu plus de 11 kilos (re-félicitations en passant) - et pour pouvoir vite vite rejoindre les bains !
En entrée : - tartare de dorade avec une bisque en granité et petits pois croquants, un ensemble équilibré et très rafraichissant, - gnocchi de pommes de terre et girolles sur un lit de roquette et radis, une assiette très copieuse, moelleuse avec un assaisonnement qui apporte de la fraicheur.
En plat : - filet de maigre, dont la peau est super croustillante, avec des ravioles de bœuf, sur lit de roquette et tomates confites décoré d'une crème d'herbes très onctueuse. - Tournedos de bœuf sur lit de courgettes, dit comme ça c'est un peu plat et ne vous y fiez pas car la viande était excellente, il faut savoir rester simple aussi.
En dessert : coupe fraises-framboises, sorbet citronnelle et brochette de chamallow. Une fois encore simplicité rime avec efficacité, gourmandise et fraicheur de saison.
Bon, c'est pas tout ça, plus le temps de bavasser … les premières sont attendues pour le massage. Les copines, on remet ça quand vous voulez !
Tarif du forfait "copines" comprenant Accès au Spa à la journée, 1 soin "Eveil des Sens" d'une heure, menu "Équilibre" boissons comprises, et le petit cadeau beauté : 105€ /pers.
14 juin 2009
La cocotte : soulevez le couvercle, humm ça sent bon !
Après la visite à la ferme Andrès il nous fallait trouver un restaurateur qui cuisine ses légumes. Il ne faut pas chercher bien loin tant bien des chefs strasbourgeois fréquentent cette adresse.
La Cocotte, en plein centre de la Robertsau, est une adresse proprette sans charme particulier mais avec une ardoise du jour généreuse comme sa chef Julia qui a repris cette affaire il y a moins d’un an, et sa jolie petite terrasse quand le temps le permet. Avec notre grande tablée, nous avons pu apprécier un certain nombre de plats à la carte ce jour là, à savoir :
- une cocotte de rognons au thym et aux girolles. L’association de textures entre le croquant autour et le moelleux dedans, la purée grillée en accompagnement. Les amateurs d’abats se sont régalés.
- un mendiant de bretzel au chèvre et courgette servi avec la fleur en friture. L’assiette est joliment dressée. Si le bretzel se fait un peu oublier les autres produits sont bien présents, fondants et croustillants à la fois.
- une assiette de rouget et gambas aux ravioles d’écrevisses avec ses petits légumes et ses asperges vertes. La présence des herbes aromatiques et plus précisément du basilic vient donner une belle fraîcheur à ce plat que l'on devine déjà rien qu'en le regardant.
Nous n’avons pas résisté à prendre un dessert, pourtant il commençait à se faire tard …
- Comporté de rhubarbe et framboises recouvert d’un crumble d’amande et d’une glace aux figues, pour les uns. Acide mais rééquilibré par les framboises. - Et pour les autres, la crème brûlée à la verveine et aux framboises. Croustillante et rafraîchissante. J’ai apprécié la déco avec le nounours en guimauve, il n’avait rien à faire là mais j’aime tant ça !!
La Cocotte - 70 rue Boecklin - Strasbourg Robertsau. Cuisine du marché - plat du jour 8.50€ - plats de 15 à 25€
06 mai 2009
Deuxieme tour de Cuiller à pot
Quand les copines ont le plaisir de se retrouver pour une soirée, cela commence (ou se termine) souvent par des bulles puis les esprits s’échauffent. Il est vrai que nous avons tant de choses à nous raconter surtout lorsque nous accueillons une nouvelle arrivée dans le groupe … les voix montent, au dam des voisins de table, les gestes s’amplifient au dam d’un superbe chemisier en soie qui reçoit le contenu du verre de vin... blanc !Vous l’aurez compris, il y a toujours de l’ambiance parmi les F.
Ce soit là nous nous sommes retrouvées à la Cuiller à pot. Restaurant dans la ruelle du même nom, quasiment en face de la caserne des pompiers du Finkwiller. Facile à trouver. Pourtant certaines ont dû avoir recours à « un appel à une amie » pour faire GPS des derniers vingt mètres ! Bref, comme mon post sur cet endroit remonte à plus d’un an et demi, je me permets de remettre le couvert. Je n’y aime toujours pas la déco que je trouve glaciale mais n’y va-t-on pas pour l’assiette ?… et pour le verre aussi, car la carte des vins est belle.
Nous avons goûté, en amuse bouche une verrine asperge au jambon cru, un peu trop en gelée à notre goût. En entrée, j’ai choisi des escargots aux petits pois avec une crème à l’ail des ours, léger, crémeux, doux avec chaque goût parfaitement identifiable. En plat, un bar servi avec de jeunes légumes et un jus de cresson, de bons produits très correctement mis en oeuvre. D’autres ont essayé la volaille de Bresse aux morilles, un plat bien équilibré sans chichi, tout dans l’authentique. En dessert, un trio de fraises – mousse, sorbet, carpaccio – bien mais pas particulièrement mémorable. Pour accompagner le thé, un macaron au nutella pour donner dans la tendance « régressif ».
Voilà une adresse où l’on vient pour apprécier le produit dans une expression simple et efficace et en l’occurrence pour passer une excellente soirée entre copines.
Cuiller à pot – 18, quai Finkwiller, Strasbourg
Entrées 16-18€, plats 27-30€, desserts 9-11€, menu trois plats 38€
02 mai 2009
Sushimania
Depuis de longues années, les amateurs de cuisine japonaise à Strasbourg avaient à peu près le choix entre l'Osaka et ses plats joliment préparés où le Mikado avec sa déco réduite à la plus simple expression et ses excellents plats sans chichi. Puis est arrivé le Mooze, le premier sushi-bar qui se veut encore aujourd'hui très "branchouille" avec quelques autres dans différents quartiers ... Et voilà qu'en quelques mois se sont ouverts à Rivetoile un second sushi-bar et très récemment, deux petits nouveaux : le Aqua Edo qui a pris la relève du Saladier derrière la cathédrale et le Sushido sur le quai des bateliers.
N'étant pour l'instant point encore allée au Japon, je ne connais des sushis, sashimis et autres makis que ce que les asiatiques veulent bien faire gouter aux occidentaux. Aussi, n'ai-je pour juge que mes sens : mes yeux, mon nez et mon palais.
Au Aqua Edo comme au Sushido, j'ai choisi des menus pour gouter l'ensemble de leur palette, hors brochettes. Et pas de doute, la comparaison est vraiment facile.
Côté déco : le Aqua Edo avec ses tables qu'on croirait en formica et son coup de peinture même pas rafraichissant ne peut en aucun cas rivaliser avec le Sushido et une ambiance plus élaborée, quoique sans investissement excessif, avec ses décalcos floraux dans les tons noir et blanc.
L'accueil : en version originale pour les deux lieux. Il faut s'armer de patience pour se faire comprendre avec un bon point pour le Sushido qui au moins cherche à savoir si cela nous a plu et si tout va bien et un mauvais point pour le Aqua Edo, incapable de me préciser quel type de thé était servi "thé vert du Japon", ça c'est de l'info…
Le menu : la soupe, sans goût et sans saveur avec sa feuille de persil qui flotte pour le Aqua Edo. Celle du Sushido, élaborée ce jour là avec des champignons de Paris avait toutefois bon goût et les saveurs délicates donnaient envies de finir son bol. Même constat pour la salade de choux, quelconque chez le premier et juste un poil plus rehaussée chez le second.
Pour ce qui est des makis, sashimis et sushi… je ne saurais faire la différence. Même pâte de wasabi, même gingembre à l'aigre douce et même pot de sauce soja sur la table.
La version Aqua Edo est servie au plus juste alors que celle du Sushido est plus généreuse.
17 avril 2009
Le Gavroche
Une petite rue qui porte bien son nom "klein", un peu à l'écart de l'hyper centre. Une petite salle qui doit faire une bonne vingtaine de couverts, dans les tons wengé foncé et beige clair avec une atmosphère feutrée. Vous voilà entré au Gavroche. L'accueil est chaleureux, la poignée de main de rigueur, puis le service se fait discret et efficace.
Le tête-à-tête anniversaire est un peu incongru en ce déjeuner de milieu de semaine, loin de la conception du diner aux chandelles mais qu'à cela ne tienne nous sommes heureux de faire une parenthèse dans notre journée de travail !
Je ne sais pas d'où vient le nom du restaurant mais ce qui est certain c'est que Benoit Fuchs, s'il n'en fait joyeusement qu'à sa tête pour ce qui est de la créativité et de l'originalité dans l'association des produits, n'a rien du Titi parisien à la tête moineau, rebelle et insouciant ! Non, il s'agit d'une adresse très posée et d’une cuisine bien réfléchie.
Nous avons goûté, en amuse-bouches : potage Parmentier avec chips de chorizo, classique, gambas à la plancha et coulis de roquette, un doux amer très subtil. En entrées : cassolette de St jacques, bien charnues, aux morilles fraîches et accompagnées d’une poêlée de laitues, un accompagnement peu banal – foie gras de canard au sésame, très croustillant sous la dent, avec des radis au vinaigre, une association très osée. En plats : dos d’espadon en croûte d’estragon, à la cuisson parfaite, avec des asperges d’alsace et une sauce à la truffe – magret de canard au poivre noir avec une purée à la moutarde de Meaux, originale et excellente, et carottes des sables. En desserts : douceur café caramel avec sorbet au caramel, moi qui n’aime pas le café, j’y ai trouvé une rondeur qui tapisse la bouche pour faire durer le plaisir – gâteau truffé au chocolat noir, classique, avec un milk-shake passion bien mousseux, une très belle association.
D’autres choses très gourmandes à la carte comme un foie gras poêlé enrobé d’amandes grillées avec un chutney de figue sur lit de roquette ou un filet de bœuf en sautoir avec légumes de saison et tartine de moelle. Le seul bémol est la présence de thon rouge… là, je pense que les restaurateurs doivent aussi prendre leur responsabilité est veiller à préserver les fonds marins…
En conclusion quelques mariages osés mais très réussis, de beaux produits parfaitement maîtrisés. Ma seule critique, qui n’engage que moi parce que je n’en suis pas fana, est l’omniprésence de la fleur de sel qui laisse toujours ce croquant salin sous la dent pas toujours le bienvenu.
Le Gavroche - 4, Rue Klein Strasbourg - Tel : 03 88 36 82 89 -
Entrées : 18-25€, plats 28-33€, desserts 12€, menus 3 assiettes 38€, 4 assiettes 46€





